Pendant longtemps, les recommandations étaient de supprimer purement et simplement l'aliment concerné de l'assiette.
Depuis l'année dernière, un nouveau protocole développé aux Hospices Civils de Lyon (HCL) mise au contraire sur l'immunothérapie orale.
Concrètement, une réintroduction à petite dose et progressive de l'allergène. Les premiers résultats sont encourageants.
Une quarantaine de bébés en un an
C'était il y a une quinzaine de jours. Après avoir terminé son goûter, la petite Séraphine se repose avec sa maman. Émeline observe alors des plaques sur le corps de sa fille. "J'ai senti sa respiration changer, comme si elle ronflait. J'ai appelé le SAMU."
La petite fillette de seulement 7 mois manque de perdre connaissance. Prise en charge en urgence, elle se rétablit rapidement. Séraphine vient de faire sa première réaction allergique. En cause : la noix de cajou.
Comme une quarantaine d'autres bébés depuis un an, elle s'apprête à démarrer le nouveau protocole des HCL.
"L'idée, c'est de très vite réintroduire la noix de cajou, pour réhabituer le corps et soigner le mal par le mal en quelque sorte", lui explique Camille Braun, médecin du service de pneumologie, allergologie, mucoviscidose de l'HFME-HCL.
La dose administrée doit évidemment être strictement mesurée. Infime au départ, elle doit augmenter chaque semaine pour atteindre l'équivalent de maximum deux noix par jour.
Des résultats encourageants contre les allergies
Si l'immunothérapie orale n'est pas complètement nouvelle, le fait de l'appliquer rapidement après les premiers symptômes est en revanche novateur. Avec un espoir à la clé : se débarasser purement et simplement de l'allergie.
Si l'étude n'a pas encore été publiée dans une revue scientifique, les premiers résultats du protocole sont encourageants. Une quarantaine d'enfants de moins de deux ans l'a suivi et l'allergie n'est pas réapparue chez aucun d'entre eux.
Comme pour le petit Oskar, qui a démarré le protocole l'année dernière après une réaction allergique au lait de vache. Depuis la réintroduction progressive, il peut aujourd'hui consommer des produits laitiers normalement.
Peut-on imaginer la même méthode avec d'autres allergènes ?
"Aujourd'hui, la désensibilisation peut se faire pour tout allergène. Pour ce protocole, on a choisi de se cantonner à quelques aliments, mais à terme, la norme pourrait être la même pour la cacahuète, le kiwi ou le poisson", poursuit le Dr Camille Braun.
De quoi imaginer, peut-être, une évolution de la prise en charge des allergies chez les petits.
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