Les députés Sandrine Runel (PS, Rhône) et Yannick Neuder (LR, Isère), rapporteurs d'une mission d'information sur le sujet, estiment que les risques sanitaires pour les mineurs justifient un encadrement plus strict. Leur travail doit nourrir des amendements au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027.
Un marché en forte croissance
Selon le rapport, le marché des boissons énergisantes est passé de 180 millions d'euros en 2016 à 780 millions d'euros en 2025. Ces boissons, composées notamment de caféine, de taurine et de sucre, mettent en avant des effets stimulants sur les plans physique et intellectuel.
Les marques les plus citées dans le rapport sont Red Bull, Monster et Crazy Tiger. Les auteurs mentionnent aussi l'arrivée récente de Ciao Energy, lancée en juin par les créateurs de contenus Lena Situations, Inoxtag et Squeezie, une initiative qui a suscité des critiques de professionnels de santé en raison de la jeunesse du public visé.
Devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, Yannick Neuder a dénoncé un marketing très agressif :
"Le marketing est sans limite pour taper l'imaginaire des jeunes."
Des risques jugés réels chez les enfants et adolescents
Le rapport précise que ces boissons ne présentent pas de risque sanitaire pour la population générale lorsqu'elles sont consommées en quantité raisonnable. En revanche, chez les enfants et les adolescents, leur consommation peut, selon les auteurs, "bel et bien engendrer des effets nocifs".
En France, plusieurs effets indésirables ont déjà été signalés, notamment des symptômes cardiovasculaires ou psychologiques. D'après les éléments cités, ces situations sont principalement liées à une consommation excessive de caféine, parfois associée à une prise d'alcool.
Pour Sandrine Runel, l'objectif est aussi préventif :
"L'idée est de faire de la pédagogie pour expliquer aux jeunes qu'ils n'ont pas besoin de ces boissons sucrées pour se maintenir en forme et lutter contre la fatigue."
Les rapporteurs recommandent donc d'interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans et de les retirer des distributeurs automatiques.
Une mesure contestée par le secteur
Le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA) rejette cette proposition. Dans un communiqué, il qualifie la mesure d'"arbitraire dénuée de tout fondement" et affirme qu'"aucune donnée ne justifiait une interdiction de vente aux moins de 16 ans".
Le syndicat met en avant une charte de bonnes pratiques adoptée par ses adhérents, qui prévoit l'absence de ciblage publicitaire des enfants de moins de 15 ans.
Plusieurs pays européens ont déjà mis en place une interdiction de vente aux moins de 16 ans, notamment la Lituanie, la Roumanie et la Norvège. L'Angleterre prévoit de le faire à partir d'avril 2027.
Le rapport vise aussi certaines boissons alcoolisées
La mission parlementaire s'est également penchée sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, comme les canettes de Vody, présentées comme un mélange de vodka, café et taurine.
Les rapporteurs les jugent "nocives pour la santé" et estiment qu'elles atteignent ou dépassent souvent la dose quotidienne recommandée en un seul contenant. Ils soulignent aussi leur attractivité auprès des jeunes, en raison de leur marketing et de leur prix.
Selon Yannick Neuder, ces produits semblent particulièrement présents dans certains territoires socialement fragiles, notamment dans des quartiers défavorisés et en Outre-mer, en particulier en Guadeloupe.
Le rapport recommande d'étendre la taxe "prémix" à toutes les boissons alcoolisées prêtes à boire titrant plus de 12% d'alcool. Il propose aussi de renforcer l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs, jugée insuffisamment appliquée, avec la possibilité de mener des tests de vente sur des mineurs.
Sur la publicité, les auteurs considèrent enfin que la législation n'est pas adaptée aux réseaux sociaux et demandent la fin de l'autorisation de la propagande et de la publicité en faveur des boissons alcooliques sur les services de communication en ligne.
France Assos Santé soutient un durcissement rapide. "Il y a urgence à agir", a plaidé Stéphanie Pierre, qui dénonce des boissons alcoolisées prêtes à boire comme des "bombes pour la santé" bénéficiant d'une forte promotion sur les réseaux sociaux par des influenceurs.
FAQ
Que propose le rapport parlementaire sur les boissons énergisantes ?
Il recommande d'interdire leur vente aux moins de 16 ans et de les retirer des distributeurs automatiques.
Pourquoi les députés veulent-ils mieux encadrer ces boissons ?
Parce que plusieurs effets indésirables, notamment cardiovasculaires et psychologiques, ont été signalés en France, surtout en cas de consommation excessive de caféine.
Le rapport concerne-t-il aussi l'alcool ?
Oui. Il vise aussi certaines boissons alcoolisées prêtes à boire, avec des propositions sur la fiscalité, la vente aux mineurs et la publicité en ligne.
D'autres pays ont-ils déjà interdit la vente aux moins de 16 ans ?
Oui. Le rapport cite la Lituanie, la Roumanie et la Norvège. L'Angleterre prévoit une telle interdiction à partir d'avril 2027.
►Conso
Carburant : l'aide de 100 euros prolongée et élargie à 5,5 millions de Français
Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement...




